« Le masculin l’emporte sur le féminin ». Voilà l’une des premières règles de grammaire que l’on apprend à l’école.

Dans une langue aussi genrée que le français, comment faire en sorte que les femmes soient aussi bien représentées dans le discours que les hommes ? La réponse est simple : adopter l’écriture inclusive.

Souvent symbolisée par le fameux point médian, autour duquel se cristallisent tous les débats, l’écriture inclusive est le reflet de l’évolution nécessaire de notre société.

Voici pourquoi et comment utiliser l’écriture inclusive, sans pour autant dénaturer la langue française (oui, c’est possible !).

Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

L’écriture inclusive est également appelée « langage épicène » ou « rédaction non sexiste ».

Elle désigne une écriture qui permet de donner la même visibilité aux hommes qu’aux femmes, en contournant le masculin générique.

Les répercussions concrètes du masculin générique

La vocation première de l’écriture inclusive est de permettre la meilleure représentation des femmes dans les écrits. Si la question semble anecdotique pour certaines personnes (« il y a d’autres causes plus importantes »), le masculin générique a pourtant des effets bien concrets.

En 2005, une étude a montré que le fait de présenter des métiers à la fois sous la forme masculine et féminine (par ex. « chirurgien ou chirurgienne ») augmente le degré de confiance des jeunes filles à entreprendre des études pour ces métiers. La langue affecte donc les choix d’études des jeunes.

Par ailleurs, lorsque des offres d’emploi sont rédigées exclusivement au masculin (par ex. « chef de projet » ou « directeur commercial »), les RH perçoivent les femmes comme étant moins compétentes que les hommes pour occuper des postes à responsabilité. C’est la conclusion alarmante d’une étude menée en 2016.

Il a également été démontré dès les années 1970 que les offres d’emploi rédigées exclusivement au masculin décourageaient les femmes à postuler.

Autrement dit, en adoptant le langage épicène dans vos offres d’emploi, vous améliorerez la diversité des talents qui postulent !

Comment utiliser l’écriture inclusive ?

Règles d'écriture inclusive

L’écriture inclusive est souvent symbolisée par le point médian. Pourtant, elle ne se résume pas à ce signe typographique. Bien au contraire ! Le point médiant est souvent la forme utilisée en dernier recours par les linguistes.

Voici une liste non exhaustive des règles d’écriture inclusive :

  1. Les termes épicènes

Ce sont les termes « neutres », qui regroupent à la fois les hommes et les femmes.

Exemples : « nos équipes » plutôt que « nos collaborateurs » et « droits humains » plutôt que « droits de l’Homme »

  2. La double flexion

Il s’agit ici d’utiliser à la fois la forme masculine et la forme féminine. L’ordre des termes fait souvent débat. Personnellement, j’opte pour l’ordre alphabétique.

Exemples : « les candidates et les candidats » et « le directeur et la directrice »

  3. L’utilisation des deux formes dans un même paragraphe

Il est également possible d’opter pour la forme masculine et la forme féminine à différents endroits dans un même paragraphe.

Exemple : « nos équipes » en début de paragraphe, puis « nos collaborateurs » dans la deuxième phrase et « nos collaboratrices » dans la troisième phrase.

  4. L’accord de proximité

L’accord de proximité consiste à accorder l’adjectif selon la proximité avec le nom et non selon la règle du masculin qui l’emporte. Contrairement aux idées reçues, le masculin générique n’est imposé que depuis le XVIIIe siècle. C’est donc une règle relativement récente au regard de l’histoire de la langue française !

Exemple : « Les pays et les villes étrangères » plutôt que « les pays et les villes étrangers »

  5. Le point médian

N’oublions pas le fameux point médian, qui cristallise tous les débats sur l’écriture inclusive !

Exemple : « les salarié·es » et « les traducteur.rices »

Écriture inclusive et traduction

Comment écrire en écriture inclusive

En tant que traductrice, j’ai opté depuis plusieurs années pour l’écriture inclusive. Je n’utilise le point médian qu’en dernier recours. C’est d’ailleurs ce que préconisent certaines entreprises dans leurs guides de style. J’ai également adopté l’écriture inclusive sur mon site internet… L’avez-vous remarqué ?

C’est la règle que j’utilise par défaut dans mes traductions. J’en informe mes clientes et mes clients au préalable lorsque je leur envoie mon guide de style. Bien entendu, je respecte toujours leurs choix et je renonce à l’écriture inclusive lorsqu’une entreprise souhaite expressément ne pas y avoir recours.

 

Et vous, êtes-vous pour ou contre l’écriture inclusive ? Utilisez-vous la rédaction épicène dans vos communications d’entreprise ?